Les Incunables : la reliure

Dans un premier temps, l’aspect des imprimés diffère peu de celui des manuscrits qui leurs servent de modèle. Ce sont des reliures gothiques sur ais de bois, de hêtre ou de chêne selon la provenance.

La caractéristique principale d’une reliure gothique est que la lanière de support de la couture entre dans l’ais par-dessus les bords biseautés de la face extérieure de celui-ci (et non plus un passage creusé dans le chant de l’ais). A travers les quelques centaines de reliures gothiques originales qui ont survécus, notre connaissance à leurs sujets ne concernent souvent que leur style de décoration des plats. C’était le principal intérêt des chercheurs et historiens du livre jusqu’en 1890, date à laquelle un maître relieur allemand Paul Adam a écrit une monographie sur l’histoire des reliures en incluant les techniques[1]. Et comme nous le verrons un peu plus loin, jusque dans les années 2003, les bases de données concernant les incunables et les imprimés témoignent principalement du recouvrement et de la décoration des livres.

Bien qu’il y ait eu quelques incunables imprim

La couture se fait sur ficelle de chanvre ou lanière de peau double, fendue et torsadée (le plus souvent peau blanche tannée à l’alun). Le nombre de nerfs de couture augmente alors que le format diminue par rapport aux reliures des manuscrits. L’apprêture du dos quant à elle peut être complétée par des renforts de toile ou de parchemin en simple bande à cheval du dos ou en grande bande en quinconce, revenant sur les plats intérieurs.

Les tranchefiles gardent leur fonction principale de renforcement de la couture et de rattachement aux ais. Pour les reliures italiennes et françaises elles sont brodées de fils de soie de couleurs vives sur une âme de cuir ou ficelle avant ou après le recouvrement. Pour les structures allemandes, elles sont souvent en cuir tressé après recouvrement.


Tranchefile tressée avec lanière de cuir et plat biseauté

Concernant les reliures gothiques, un changement technique s’opère au XVe siècle : les planches de bois sont biseautées, de l’extérieur vers l’intérieur, avec des caractéristiques différentes selon l’origine géographique des reliures. De même que le passage des lanières dans les ais. Les ais deviennent aussi plus fins qu’au XIVe siècle. Mais ils commencent à être supplantés par des feuillets de papier contrecollés, puis par du carton.

Le cuir reste le matériau principal de couvrure, bien que l’on trouve aussi quelques reliures en étoffe (lin, chanvre ou soie). Le veau à tannage végétal, le porc tanné à l’alun ou la peau de mouton retournée sont les plus courants ainsi que le parchemin. Le cuir est collé au dos contrairement aux reliures médiévales. Plusieurs manières de remplier les coins sur les ais intérieurs sont possibles comme cela a été déterminé par J.A. Szirmai dans son « Archaeology of medieval bookbinding ».



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